De l’utilité pour les entreprises que nous laissions traîner nos cookies sur le web

Comme vous le savez sûrement, un cookie ce n’est pas seulement un délicieux petit gâteau, mais c’est également un terme informatique.

Qu’est-ce qu’un cookie ?

Un cookie est donc un « témoin de connexion », une trace laissée par votre passage sur un site internet.

Son utilité est simple : exploiter les traces de votre passage. Certaines de ces exploitations sont pratiques pour les utilisateurs. C’est par exemple grâce aux cookies que les utilisateurs de site web n’ont pas à s’identifier et à rentrer leurs mots de passe à chaque visite sur un site.

Marketing et cookies pour les entreprises

Mais au delà de ces commodités pour les internautes, il faut être conscient que les cookies servent également et principalement aux entreprises dans un but mercantile. C’est d’ailleurs pourquoi il existe des sociétés spécialisées qui fabriquent, mettent en place et exploitent les données issues des informations que donnent nos cookies.
Mais alors, quelles sont ces informations si précieuses aux entreprises ? Les cookies forment en fait votre portrait numérique, la carte d’identité que trace les exploiteurs de ces données grâce à l’ensemble de vos actions sur le web.
Ils permettent ainsi de noter comment se passe votre visite sur un site web donné, si vous l’explorez, si vous allez directement à telle ou telle catégorie, ce que vous achetez, ce que vous avez ajouté à votre panier, ce que vous avez retiré de votre panier, votre situation familiale, votre lieu de connexion, etc.
Toutes ces informations valent de l’or pour les sociétés qui les exploitent car elles permettent de connaitre vos habitudes, de connaitre ce par quoi vous êtes intéressés ou non, et ainsi  de mieux cibler vos besoins ! C’est pourquoi quasiment aucun d’entre nous n’a les mêmes publicités alors même que l’on visite un même site.
En effet, certains sont repérés comme étant des hommes d’âges moyens, au chômage  avec une voiture, habitant dans une grande ville, intéressés par le sport ; alors que d’autres pourront être cartographiés comme étant des femmes, travaillant en province, intéressées par les voyages et la littérature, etc. Les profils sont différents, la cible marketing est donc identifiée, différenciée et prête à être exploitée par les marketeurs pour la toucher au mieux.

Comment ces données sont exploitées ?

Toutes ces données sont exploitées de diverses manières.

La principale pratique s’appelle le yield management. Elle consiste à faire varier le prix de vente d’un bien ou d’un service en fonction de la variation de son stock et de la demande. L’exemple le plus parlant est celui du prix d’un billet d’avion ou de train qui va varier selon la date de réservation et le taux de remplissage du moyen de transport.

On retrouve ensuite le behavioural marketing, comme évoqué plus haut, qui a pour objectif d’adapter la publicité affichée en fonction du comportement et du profil de l’internaute.

Par contre, le retargeting vise quant à lui, à adapter les publicités en fonction des biens ou services que l’utilisateur auxquels l’utilisateur s’est déjà intéressé de près par le passé.

Enfin, combiné à tout cela, on retrouve l’IP tracking qui permet de vous reconnaître suivant la connexion que vous utilisez. Cette pratique est illicite sans le consentement de l’internaute en France. Elle est cependant très répandue à travers le monde et certains prétendent que c’est également le cas en France. Cette technique consiste à se servir de l’adresse IP d’un acheteur pour augmenter régulièrement les prix d’un bien ou service pour que l’internaute se sente pressé de conclure la vente.

Mais quelle est l’utilisation de ces techniques en France ?

Ces techniques marketing ne sont pas toutes légales, et le 27 janvier 2014, la CNIL, associée à la DGCCRF, a rendu son rapport d’enquête sur ces pratiques.
Elle note que le yield management, licite en tant que tel, est largement utilisé, mais aussi que les frais de dossiers associés à une réservation (surtout dans le secteur du transport) pouvaient varier selon les heures et les conditions spécifiques à chaque vendeur dans des conditions parfois obscures.
Par contre, il apparaît clairement pour la CNIL qu’aucune de ces techniques n’est fondée sur l’IP tracking ! Deux solutions apparaissent donc : soit c’est bel et bien vrai et, en France, la pratique illicite sans le consentement de l’internaute n’est pas présente ; soit la CNIL n’a pas réussie à démontrer la pratique. Cette dernière possibilité est d’ailleurs envisageable dans la mesure où il apparaît que la CNIL continue à enquêter sur la question.
Cependant, notons que la variation de prix suite à une seconde connexion à un site web commercial ou après une connexion par un autre terminal au même site web n’est pas une preuve formelle de l’existence de l’IP tracking tant les paramètres liés à la connexion peuvent changer (comme nous l’avons vu : cookies, stocks, demandes, historiques des connexions, etc) dès lorsqu’on laisse passer du temps ou que l’on se connecte depuis un autre endroit.

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