Spotify et Netflix : l’innovation au service de l’adaptation au marché

Piratages, contrefaçons et majors : la solution est l’adaptation

Les majors musicaux et les grandes sociétés de productions et diffusions cinématographiques se plaignent depuis l’avènement du haut débit à la portée de tous de l’impact catastrophique du piratage de leurs œuvres.
De nombreuses études existent sur les conséquences de ce piratage sur les bénéfices des industries du divertissement, mais bien souvent, le lien de causalité fait par les industriels entre les baisses de revenus alléguées et ledit piratage a souvent été critiqué du fait de son caractère incertain et difficilement mesurable.
En somme : certaines études concluent que le piratage n’a pas d’effet sur la consommation dans la mesure où les gens ne piratent pas forcément ce pour quoi ils sont prêts à payer ; alors que pour d’autres l’impact est positif, les gens découvrant plus de contenu à consommer ensuite par les voies légales ; et enfin que d’autres considèrent que les conséquences sont catastrophiques du fait de l’accès illimité et gratuit à tous ces produits.
Au milieu de tout cela et de ces débats interminables et souvent partisans, adoptons une approche pragmatique des choses et admettons que les contrefacteurs sont au final un marché comme les autres à conquérir. Dès lors, il a fallu que des sociétés innovent pour leur proposer des solutions.

Les premières propositions ont été des échecs cuisants puisque chaque film ou musique était très coûteux, difficiles à télécharger, à exploiter, souvent de qualité médiocre et dont les utilisations étaient limitées par des DRM trop contraignants (digital rights management, verrous numériques).

Au final, la seule possibilité était de concevoir un système qui permette, dans l’équation décisionnelle du consommateur, de rendre plus facile le fait de payer pour un accès aux produits plutôt que de les télécharger illégalement.

Ainsi, plusieurs modèles ont été développés, dont les plus performants sont ceux de Spotify pour la musique et de Netflix pour la vidéo.

L’exemple du modèle « Spotify »

Spotify est une entreprise suédoise de streaming musical qui propose deux offres, développant ainsi un modèle gratuit et un modèle payant.

La première, gratuite, permet d’accéder à tout leur catalogue (particulièrement fourni) en ligne. Il faut donc une connexion internet active pour y accéder et supporter quelques publicités audios.

La seconde offre est payante et, pour 10 euros par mois, vous pouvez disposer de l’ensemble du catalogue mais avec la possibilité de le télécharger à volonté sur toutes les plateformes de votre choix (téléphone, ordinateur, etc), le seul impératif étant d’avoir l’application installée.

On remarque dès lors une facilité d’accès, une disponibilité en ligne ou hors ligne et un prix relativement bas pour un accès illimité.

On note d’ailleurs depuis quelques jours des annonces de Spotify démontrant des projets de diversification avec la volonté de proposer sous peu des services de streamings vidéos dont on ne connait pas encore tous les tenants et aboutissants.

L’exemple du modèle « Netflix »

Netflix est, quant à elle, une société californienne qui propose aujourd’hui un service similaire de VOD séries et films illimitée pour un prix modique (plus ou moins 8€ en France). Notons en plus que Netflix s’est également lancé dans la production de contenus avec des modes innovants de diffusions comme par exemple House of Cards, que la société a produite intégralement et mise à disposition des consommateurs d’un seul coup plutôt que par épisodes diffusés sporadiquement comme d’habitude.
Ces deux solutions ont rencontré un succès fou dans les pays où ils sont disponibles, provoquant même lors de certaines diffusions des engorgement de réseaux tellement la demande est forte (cf débats sur la neutralité du net?).

En France, le débarquement de Netflix s’est déroulé avec succès. On note que le catalogue cinéma est un peu ancien mais gageons que des évolutions législatives pourraient lui permettre de s’aligner sur le modèle américain, et qu’en attendant les productions exclusives suffiront à assurer la pérennité de la solution.

Une adaptation nécessaire des acteurs du marché ?

Aujourd’hui, la situation est telle que les modèles économiques traditionnels des producteurs et diffuseurs de contenus est fortement mise à mal, du fait de son inadaptation aux évolutions récentes et à son impossibilité en la forme actuelle de concurrencer des modèles tels que ceux de Netflix et Spotify qui eux ont justement réussi à « créer » ce virage économique.

Ainsi, au final, il ressort deux choses de cette situation :

  • Tout d’abord, que le mode de consommation a changé avec Internet et qu’aujourd’hui le consommateur n’accepte plus une approche limitante de son divertissement ;
  • Et ensuite (et surtout!), que des acteurs innovants du marché proposant des solutions alternatives, qui acceptent de s’adapter à la fois au marché traditionnel (les consommateurs habituels) et à de nouveaux marchés (les pirates, la génération des digital natives) réussissent magistralement.

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